Combien sont morts pour le droit de vote ?

De nouveau, pendant ces Départementales, nous nous évertuons à expliquer à tous les militants fanatiques de l’élection le pourquoi de notre abstention. Mais, on peut toujours causer, ils persistent dans leur surdité, entêtés à nous distribuer leurs tracts pour vendeurs de cravates ! Deux minutes, c’est généralement le temps maximum qu’ils accordent à qui se saisit de l’imprimé. Et pourtant, il y en a des choses à leur dire. Des choses pas seulement essentielles, même plutôt radicales ! Leur mettre sous le nez la racine de notre abandon servile et de notre impuissance qui font que nos destins sont vendus aux plus offrants. On peut admettre, en même temps, que ces aliénés ne soient pas forcément disposés à entendre que leur chouchou, celui pour qui ils tractent, puisse émarger au service de la finance et donc viser des intérêts tout autres que ceux des Français. Et puis, tôt ou tard, on finit toujours par tomber sur des détenteurs de l’argument massue. Cet argument qui, croient-ils, leur permet de couper court à notre discours, car il vient rappeler que des mecs se sont battus « pour ça », que certains en sont même « morts », et qu’il serait ainsi irresponsable et lâche de ne pas satisfaire « notre devoir et privilège d’électeur » ! Nous cherchons d’ailleurs encore la trace de ces fameux sacrifices révolutionnaires dont parlent inlassablement ces défenseurs zélés du droit de vote. En se donnant la peine d’accorder son attention à l’Histoire de France, on réalise que les faits furent bien plus sordides. En effet, Sieyès, petit bourgeois et prêtre raté, a rédigé à la veille de notre grande Révolution, un essai fustigeant les privilèges de la noblesse et du clergé. S’ensuit son célèbre pamphlet Qu’est ce que le Tiers-Etat ? dans lequel il démontre que l’ensemble de la population française ne représente rien dans la matrice politique. Mais nulle trace d’un engouement pour le pouvoir du peuple, et le mot “démocratie” reste même mal défini. En même temps l’abbé y était franchement opposé&; En effet, devenu alors parlementaire influent, il mit en place la nomination élective pour désigner les représentants des Français. Elective, certainement pas, mais sélective, très probablement ! Car seuls « les actionnaires de la grande société » ou « citoyens actifs » – ceux capables de payer un impôt &; bénéficiaient du droit d’élire les représentants du peuple. Peuple qui pour sa part était bien trop inculte et occupé à travailler pour interférer directement dans les affaires publiques. Autrement dit, seuls les riches pouvaient influer sur la vie politique par le truchement du vote, car ils étaient les seuls à même de contribuer à la bonne marche économique de leur pays. La révolution de Sieyès instaura un régime représentatif, avatar d’une société commerçante où furent reconnus comme citoyens seulement ceux aptes à produire et distribuer beaucoup de richesses. L’électeur n’est ainsi en rien un acteur de la démocratie, bien au contraire : il devient le promoteur et complice d’un gouvernement dont les fondations et la survie ne reposent que sur les intérêts bourgeois des maîtres et de leurs nouveaux serviteurs. Il est enfin intéressant de souligner qu’à cette même époque s’est développée la presse, se faisant un intermédiaire supplémentaire entre le pouvoir et les électeurs. Voilà donc rappelé un premier élément qui vous aidera à comprendre pourquoi nous vous invitons à ne plus défendre l’élection comme la seule incarnation possible de la démocratie.
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Cedric - Yohan

De nouveau, pendant ces Départementales, nous nous évertuons à expliquer à tous les militants fanatiques de l’élection le pourquoi de notre abstention. Mais, on peut toujours causer, ils persistent dans leur surdité, entêtés à nous distribuer leurs tracts pour vendeurs de cravates !

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