Dans la peau d’un gilet jaune

Quelle est la part de raison dans ce marasme? Quelle est la part de passion dans ce sarcasme? Qui fait le vide, qui fait le plein à travers les spasmes des gilets jaunes ? Nul ne saurait le dire, sans se dédire ou se contredire. Parce que le rationnel et l'irrationnel sont tellement emmêlés que plus personne ne peut s'en mêler, parier sur leur succès ou leur insuccès.   Les exaspérés ne veulent ni coopérer, ni être récupérés... Ils en veulent au système au point de ne plus savoir ce qu'ils veulent. Leur motif ne coïncide plus avec leur mobile. Et s'ils débordent à l'extérieur, c'est parce qu'ils sont débordés de l'intérieur par une espèce de volonté de sens, qui s'apparente à une pulsion de survie.   Leur question demeure quelle que soit la réponse des instances dirigeantes : pourquoi du miel pour les uns et de la merde pour les autres ? Ils n'ont pas de beurre mais ils n'ont surtout plus envie de compter pour du beurre...   Ils ont envie de tout casser pour remettre les pendules à l'heure. C'est ce qui explique peut être qu'on a du mal à distinguer dans la foule entre casseurs et cassés. Parce que les deux en ont plus qu'assez... Et les plus modérés ont fini par se dire tant mieux, si la ligne jaune est presque déjà franchie. Mais il est temps que le monde sourd ou absurde entende leur cri. Et sans se l'avouer et sans en avoir même une claire conscience, la plupart songe à une espèce de révolution permanente : empêcher désormais tous les vendeurs de sommeil politique de dormir en paix.   Comme on n'a pas pu faire en sorte que le monde plaise à tout le monde, on fait en sorte qu'il déplaise à tout le monde... C'est la raison même de l'irruption de l'irrationnel dans ce soulèvement rationnel qui est en passe de devenir insurrectionnel. Cet article est apparu en premier sur .
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le journal de Personne

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