Je suis black

L'histoire commence en 1955 avec une noire qui refuse de céder sa place à un blanc dans un autobus. L'histoire continue avec un noir à qui on refuse l'accès dans une rame de métro. L'histoire n'est pas finie. L'histoire n'a pas de fin. Si on avait le sens de l'humour, on dirait que les noirs ont un vrai problème avec les transports en commun. Si on n'a pas le sens de l'humour, on dira que c'est un fait divers, en plein mois de février, qui est loin d'être banal : c'est un apartheid social... On ségrége, c'est le verbe. La ségrégation, c'est son nom. Maintenant si on veut avoir le sens de l'humour, il faut se ruer dans la rue et manifester ce dimanche, pas à la carte mais avec une pancarte sur laquelle on inscrit noir sur blanc : "je suis black"... main dans la main : le français et l'anglais, le particulier et l'universel pour dire enfin qu'il n'y a pas plus universel que le particulier : ce sera de l'humour, mais de l'humour noir parce qu'il y aura une ombre au tableau : seuls les blancs auront le droit et le devoir de manifester... parce que je ne vois pas un noir avec une pancarte indiquant "je suis black". Il ne serait plus normal mais débile mental. Cette histoire ne nous fait pas rire mais réfléchir : ô miroir, mon beau miroir, nos réactions seraient beaucoup plus violentes et beaucoup plus alarmantes, si le noir était blanc, si le blanc était juif et si le juif était riche. C'est toute la France qu'on aurait vue dans la rue avec l'Angleterre à ses pieds, pour implorer son pardon. Le scandale planétaire, des millions de manifestants avec le même slogan dans un français approximatif : "je suivre le juif". Chelsea serait éliminée de la ligue des Champions et Paris qualifiée avec Laurent Blanc! Ici... c'est Paris. Ici... c'est Paris s'écriront tous les supporters arabes du PSG... Cet article est apparu en premier sur .
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le journal de Personne

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