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L’Islande annonce le retrait de sa candidature à l’UE

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L’Islande avait déposé sa candidature d’adhésion à l’Union européenne en 2009.

L’Islande a retiré sa candidature à l’adhésion à l’Union européenne. Si la décision pouvait être attendue, elle sera certainement reçue avec une certaine amertume par les dirigeants des institutions européennes.

Avec notre bureau de Bruxelles,

L’Islande avait déposé sa candidature à l’entrée dans l’Union européenne en 2009 après avoir vu son économie laminée par la crise. À l’époque, l’adhésion à l’Union européenne avait de quoi séduire les Islandais les plus désireux de ne plus se retrouver seuls face à une crise. Beaucoup d’entre eux avaient été sensibles à l’argument que l’euro avait servi de bouclier à l’UE qui, sans la monnaie unique, aurait subi encore plus fortement la crise.

Mais cette attirance pour l’Union a commencé à vaciller dès que l’économie islandaise a montré des signes de reprise. Les dirigeants européens avaient pourtant accueilli avec enthousiasme la candidature islandaise et les négociations avaient rapidement commencé avec ce pays aux structures aisément conciliables avec celles de l’UE, même si des questions restaient problématiques, comme celle des quotas de pêche. Mais en fin de compte, les négociations ont été suspendues il y a deux ans et le gouvernement islandais y a donc mis un terme formel ce jeudi.

C’est la première fois qu’un pays se retire à un stade aussi avancé du processus d’adhésion. Mais les Islandais ne sont pas les seuls à claquer la porte au nez des Européens : lors de référendums en 1972 et 1994, les Norvégiens avaient par deux fois rejeté l’adhésion à l’Union européenne.

Source : RFI, le 13 mars 2015.

L’Islande dit (officiellement) non à l’Union Européenne

Adieu UE. Hier, comme le raconte Courrier international, “le ministre des Affaires étrangères islandais, Gunnar Bragi Sveinsson, a remis une lettre à la présidence – actuellement lettone – de l’UE et à la Commission, pour les informer de la décision de l’exécutif de ne pas reprendre les négociations”. Ces dernières avaient débuté en 2009 sous un gouvernement de gauche alors en pleine crise économique qui a provoqué la faillite des banques islandaises et une chute libre de la monnaie. Fin 2010, en un temps record, les Etats membres de l’UE accèdent à cette demande et décident d’ouvrir des négociations. Cette adhésion ne devait être qu’une promenade de santé à en croire Le Monde aujourd’hui : “en théorie, l’Islande était promise à devenir le 29e membre de l’UE, après la Croatie, intégrée en 2013. Son dossier apparaissait comme plus simple, plus favorable, voire plus logique puisque le pays avait déjà intégré quelque 70 % de la législation européenne”.

C’était sans compter l’arrivée au pouvoir en 2013 d’une coalition entre le Parti des Indépendants (conservateur) et le Parti du progrès (centriste) qui avait annoncé la couleur pendant la campagne en se positionnant contre l’entrée dans l’Union européenne. D’ailleurs, l’an dernier, les deux partis s’étaient entendus sur une proposition de loi prévoyant de retirer la candidature du pays à l’UE comme le racontait à l’époque Le Monde. La fin des négociations est donc tout sauf une surprise.

Islande UE
Copie écran du site de Courrier international

La presse tente aujourd’hui d’expliquer ce renoncement mis à la fois sur le compte de désaccords UE / ’Islande sur les questions de pêche et d’agriculture – un dossier jamais abordé dans les négociations depuis 2013 – mais aussi en raison de l’embellie économique dans le pays désormais suffisamment solide pour se passer de l’UE. D’ailleurs, sur son site Internet, comme le signale l’AFP reprise par L’Express, le ministère des affaires étrangères assure que “les intérêts de l’Islande sont mieux servis en dehors de l’Union européenne”. A noter également l’analyse du Monde : “les difficultés d’une série de pays, dont la Grèce, ont fait réfléchir les Islandais. La perspective d’un abandon de l’euro par Athènes [… a] renforcé le camp eurosceptique. Une vague nationaliste a même déferlé sur le pays.”

Plus surprenant en revanche : ce choix a été pris sans tenir compte de l’avis des Islandais via un référendum comme s’y était engagée la coalition au pouvoir. Dans sa chronique du mois de février, Michel Sallé, économiste spécialiste de l’Islande, auteur de chroniques mensuelles sur le pays et invité de notre émission consacrée aux conséquences de la crise islandaise, y croit toujours et rappelle qu’il est “important que les gouvernants respectent leur promesse d’organiser un référendum, lui fût-il défavorable”. C’est raté.

> Des référendums en Islande ? Souvenez-vous : les Islandais ont rejeté par deux fois les référendums sur l’accord Icesave censé organiser le remboursement de plus de 3 milliards d’euros à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas.

Source : Anne-Sophie Jacques, pour @rrêt sur images, le 13 mars 2015.

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