La représentation est une imposture !

Ca fait quatre ans qu’on tente d’expliquer, de démontrer en quoi l’élection alimente notre servitude politique. « Pas de substitut au pouvoir du peuple » ; « la représentation est une imposture » ; « au pire nos élus sont corrompus, au mieux à vendre » ; quel banquier s’est plaint du suffrage universel ? ». Quatre ans qu’on a beau faire, il n’empêche la mascarade persiste. Notre diktacratie s’en porte même à merveille. Pour ceux qui douteraient encore, le texte ci-dessous relate la genèse de toute cette chienlit électorale dans laquelle nous sommes englués. On avait beau leur dire à tous ces militants fanatisés, leur rabâcher qu’ils se fourvoyaient, que si nous ne votions pas c’était parce que nous luttions pour une vraie démocratie&; Peine perdue ! Ils persistaient dans leur surdité, entêtés à nous distribuer des tracts pour des vendeurs de cravates. Deux minutes, c’était le temps maximum qu’ils accordaient pour discuter avec les passants. Et pourtant, nous, ce qu’on avait à leur dire, c’était plus qu’essentiel, c’était radical ! La racine de tous nos problèmes, la cause de notre impuissance et la raison pour laquelle nos destins étaient vendus aux plus offrants. On pouvait comprendre, en même temps, que ces aliénés n’étaient pas forcément disposés à entendre que leur favori, le mec pour qui il tractait, travaillait plus ou moins fièrement au service de la finance, et donc que ses intérêts étaient tout autres que ceux des électeurs&; ceux du peuple français. Et puis, il y a ceux qui tentaient de couper court à nos propos en nous rappelant qu’il y avait eu des insurgés s’étant battus pour ces droits, que certains y avaient même laissé leur peau, et qu’il serait ainsi irresponsable et lâche de ne pas satisfaire notre devoir et privilège d’électeur. Le pire, c’est qu’ils racontaient tout ça pour retracer une bataille qui n’avait même pas eu lieu ! Car, nous cherchons toujours la trace de ces fameux sacrifices révolutionnaires dont parlent inlassablement ces défenseurs zélés du droit de vote. Qui connaît un peu l’Histoire de France, sait que les faits furent bien plus sordides : en effet, Sieyès, petit bourgeois et prêtre raté, rédigea à la veille de notre grande Révolution, un essai fustigeant les privilèges de la noblesse et du clergé. S’ensuivit son célèbre pamphlet Qu’est ce que le Tiers-Etat ? dans lequel il démontra que l’ensemble de la population française ne représentait rien dans la matrice politique. Mais, nulle trace d’un engouement pour le pouvoir du peuple. Le mot “démocratie” reste même mal défini. Pardi ! notre abbé y était franchement opposé. En réalité, devenu parlementaire influent, il mit en place la nomination élective pour désigner les représentants des français&; « Elective « , encore un bien grand mot ! « Sélective » aurait été, sans doute, plus approprié, car seuls « les actionnaires de la grande société » ou « citoyens actifs » &; ceux capables de payer un impôt &; bénéficiaient du droit d’élire les représentants du peuple. Peuple qui, pour sa part, était bien « trop inculte et occupé à travailler » pour interférer directement dans les affaires publiques. Autrement dit : seuls les riches pouvaient influer sur la vie politique par le truchement du vote, car ils étaient les seuls à même de contribuer à la bonne marche économique de leur pays. La révolution de Sieyès instaura un régime représentatif, avatar d’une société commerçante où furent reconnus comme citoyens seuls ceux aptes à produire et distribuer beaucoup de richesses. L’électeur n’est ainsi en rien un acteur de la démocratie, bien au contraire : il devient le promoteur et complice d’un gouvernement dont les fondations et la survie ne reposent que sur les intérêts bourgeois des maîtres et de leurs nouveaux serviteurs. Il est aussi intéressant de souligner qu’à cette même époque s’est développée la presse, se faisant un intermédiaire supplémentaire entre le pouvoir et les électeurs. Mais nous détaillerons cela un autre jour… Voilà donc rappelé un premier élément qui vous aidera à comprendre pourquoi nous vous invitons à ne plus défendre l’élection comme la seule incarnation possible de la démocratie.
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Cedric - Yohan

Ca fait quatre ans qu’on tente d’expliquer, de démontrer en quoi l’élection alimente notre servitude politique. « Pas de substitut au pouvoir du peuple » ; « la représentation est une imposture » ; « au pire nos élus sont corrompus, au mieux à vendre » ; quel banquier s’est plaint du suffrage universel ? ». Quatre ans qu’on a beau faire, il n’empêche la mascarade persiste." data-share-imageurl="" style="position:fixed;top:0px;right:0px;">

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