La suppression de l’ENA, un accès de démagogie présidentielle ? – par Eric Juillot

Source : Eric Juillot &; ELM Emmanuel Macron a pris la décision de supprimer l’ENA. Cette noble institution née en 1945 vit donc ces derniers mois. Si le chef de l’État croit, en agissant de la sorte, se concilier facilement quelques millions d’électeurs, il fait fausse route. L’opération est de pure forme en effet ; elle laissera évidemment de côté les maux qui alimentent la défiance du peuple à l’égard des élites. « À l’ENA, qui a fait son temps, devra être substitué un véritable cycle de formation, avec diversification réelle du recrutement, modification en profondeur de la pédagogie, nouvelles organisations des sorties pour favoriser l’apprentissage du terrain ». Ce propos a été tenu, non pas par Emmanuel Macron il y a quelques jours, mais par Alain Juppé en mai 1997. Il y a 24 ans, cet ex-inspecteur des finances devenu Premier ministre proposait déjà, à l’approche d’élections législatives décisives, la suppression de l’école qui avait fait de lui un haut fonctionnaire. Un quart de siècle plus tard, l’actuel président également inspecteur des finances reprend l’idée à son compte et décide de la concrétiser. La mesure avait été annoncée une première fois au printemps 2019, au terme du « grand débat national » qui avait vu le Président monologuer des heures durant face à des parterres d’électeurs circonspects. Emmanuel Macron avait alors vu dans cette annonce un moyen de mettre un terme à la crise née de la révolte des Gilets jaunes qui avait durement éprouvé son pouvoir. Mais depuis, le projet semblait avoir été enterré. Le Président fait donc aujourd’hui le choix de le reprendre, à la grande surprise de tous. Depuis cette annonce impromptue, toute la macronie à la volonté du prince souverainement exprimée : il serait donc question de regrouper les grandes écoles de la fonction publique dans un même « Institut du Service public » et de former leurs membres, dans le cadre d’un tronc commun, aux réalités convenues de notre époque : transition écologique, valeurs de la République, etc.">Lire la suite
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Emmanuel Macron a pris la décision de supprimer l’ENA. Cette noble institution née en 1945 vit donc ces derniers mois. Si le chef de l’État croit, en agissant de la sorte, se concilier facilement quelques millions d’électeurs, il fait fausse route. L’opération est de pure forme en effet ; elle laissera évidemment de côté les maux qui alimentent la défiance du peuple à l’égard des élites.

« À l’ENA, qui a fait son temps, devra être substitué un véritable cycle de formation, avec diversification réelle du recrutement, modification en profondeur de la pédagogie, nouvelles organisations des sorties pour favoriser l’apprentissage du terrain »." data-share-imageurl="" style="position:fixed;top:0px;right:0px;">

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