Nous voulons la loi du plus grand nombre

Il est urgent de ne plus consacrer au pouvoir la caution qui le conforte. Dans nos prétendues démocraties, toute autorité se rend avant tout légitime par le consentement de ceux sur qui elle s’exerce. Autrement dit sans notre soutien, cette autorité s’effondrerait d’elle-même. Le choix de nos représentants via le vote offre à ces mandataires un pouvoir qui pourtant devrait être le notre (démos/peuple ; cratos/pouvoir, souveraineté). Ces voleurs de pouvoir deviennent ainsi des maîtres légitimes et l’élection demeure le meilleur outil pour faire capituler la majorité. De la sorte nos dirigeants actuels imposent tranquillement une gestion libérale de la nation tout en continuant à s’affirmer socialistes. Ils gouvernent d’ailleurs en alternance avec le parti de l’opposition selon une logique de partage du pouvoir désormais bien institutionnalisée. Cette domination se perpétue aussi grâce à ceux qui y trouvent leurs intérêts – argent et honneurs –, et qui se placent aux bons endroits pour relayer comme il se doit les agencements alimentant notre servitude. L’un des mécanismes consiste à abêtir la majorité des citoyens par la multiplication des divertissements anesthésiants et, accessoirement, organisés à la gloire des morales dominantes. Un autre travestit d’une aura magique toute propagande utile à l’obéissance. Ainsi sacralisée, puis martelée, cet endoctrinement deviendra immanquablement vérité révélée indétrônable.

Ces catéchismes, nous tentons de les démystifier depuis le début…

Nous ne sommes pas pour autant des anarchistes, le genre qui condamnerait par exemple l’Etat. Certes nous critiquons ce dernier en tant qu’instrument d’asservissement au service du capital et de l’Empire, mais quand il assure l’être et la durée des formules démocratiques – au sens véritable du terme – nous n’hésitons jamais à en faire la promotion. Vous comprenez désormais pourquoi Thomas Sankara et Hugo Chavez sont des figures emblématiques de . Certains espèrent encore que la liberté puisse être offerte en cadeau par nos élus, mais, l’Histoire en témoigne, elle ne tombe jamais du ciel et encore moins de l’urne.  Le pouvoir corrompt et ne rend presque jamais les hommes charitables. Attendre l’affranchissement de ceux qui nous gouvernent revient à rejeter en définitive notre destin entre leurs mains. Des mains qui nous charment et nous instrumentalisent pour ensuite mieux nous endetter, nous réprimander et nous broyer !

Un premier geste radical consisterait alors en un simple refus de la servitude.

Douce mais réelle servitude à laquelle nous nous sommes accoutumés par l’illusion du confort et de la sécurité qu’elle offre en retour de notre souscription. Ainsi le premier pas pour s’affranchir reste à la fois le plus simple et le plus difficile à faire. Et tant que ce pas ne sera pas engagé, les conditions concrètes d’une révolution démocratique ne pourront être créées. C’est pourquoi, dans un premier temps, nous dénonçons jour après jour ces logiques de servitude étayées par nos « diktacraties » au masque démocratique. Conjointement nous réfléchissons au meilleur moyen d’amorcer cette révolution. Mais, sachant que les beaux discours nous subjuguent, sachant que les élections nous asservissent, sachant que le verbe n’a que trop rarement vaincu les armes, sachant que la multitude s’aliène toujours en troupeau, sachant que le confort du quart de l’humanité se fait au profit du pillage et donc de la misère du reste du monde, sachant que ce confort est préféré à toute liberté et à toute égalité, sachant qu’ainsi l’homme est un loup pour l’homme et qu’il n’est vertueux que dans les livres d’histoire, sachant qu’il n’y a pas d’innocents… la marche de manœuvre pour mettre en réseaux des forces d’opposition réelles reste très, très restreinte et ne pourra donc se faire concrètement sans insolence, sans résolution et sans vaillance

Nous voulons la loi du plus grand nombre.

Nous conjurons toute hiérarchie légitimant les oligarchies. S’il y a une issue politique au désenchantement croissant de l’humanité elle s’effectuera par une fédération de gouvernements par le peuple. Gouvernements indépendants de tout groupe de pressions financiers ou religieux, gouvernements débarrassés de toute bureaucratie corrompue, de représentation oligarchique et de propagande médiatique. Une souveraineté populaire où le bien public coïnciderait avec l’intérêt commun et où chacun, alors directement concerné et libre d’expression, pourrait mieux s’investir dans les pouvoirs. Un pouvoir partagé donc, qui deviendrait une force collective capable de changer les choses dans l’intérêt de tous. Alors par quoi commence-t-on ?
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Cédric Bernelas

Il est urgent de ne plus consacrer au pouvoir la caution qui le conforte.
Dans nos prétendues démocraties, toute autorité se rend avant tout légitime par le consentement de ceux sur qui elle s’exerce. Autrement dit sans notre soutien, cette autorité s’effondrerait d’elle-même. Le choix de nos représentants via le vote offre à ces mandataires un pouvoir qui pourtant devrait être le notre (démos/peuple ; cratos/pouvoir, souveraineté)." data-share-imageurl="" style="position:fixed;top:0px;right:0px;">

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