Partie à deux

Après que les médias espagnols aient rivalisé d'ingéniosité et de matraquage publicitaire pour organiser des débats de campagne électorale entre les quatre leaders des formations les mieux représentées par les sondages, la dernière semaine a vu se jouer un retour spectaculaire vers le bipartisme puis que le seul débat organisé avant-hie l'a été entre Pedro Sánchez, le leader du PSOE et Mariano Rajoy, qui avait refusé tout débat à quatre, yenvoyant ses seconds couteaux , ou personne, selon le cas. Ainsi a pu apparaître en pleine lumière la VP de son gouvernement,  Soraya Sáenz de Santamaría, appelée désormais "la menina", à cause de sa petite taille, bien sûr, mais aussi parce qu'elle serait présentée comme le successeur possible de Mariano Rajoy. On critique le fait d'avoir monté une "", autrement dit d'avoir orchestré sa propre succession, opération dont les tenants et aboutissants relèvent plus de l'enfumage ou de la spéculation que du débat sur les politiques menées ou à mener. La salita, equipo crónica, 1970 Le plus curieux c'est qu'après avoir adoré les débats à quatre (comme au mus) et pas à cinq (comme au poker), c'est-à-dire , cette semaine les médias ont adoré les débats à deux, . Comme s'ils manifestaient une certaine jalousie face au système à deux tours français et aux grands duels de fin de campagne après lesquels "après avoir choisi, on élimine". Le républicanisme médiatique à la française avance donc ses pions dans cette monarchie parlementaire où changer de roi n'est ni source d'émotions ni de surprises divertissantes.
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Serge Buj

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