Pour en finir avec notre diktacratie

Quelques compagnons dissidents, aux idéaux malgré tout bien distincts, aiment à stigmatiser nos aspirations politiques originales en n’hésitant plus à railler notre « démocratite » aigüe. Une maladie émergeant en Grèce à l’ère de Périclès et trouvant son acmé quelques siècles plus tard, sur une terre d’anciens esclaves, dans les Russies oubliées. Aux grecs, donc, les premiers symptômes de ce virus et à nous la dégénérescence égalitaire façon. Beaucoup se sont réfugiés dans ; nous avons préféré nous vouer à d’autres causes, plus directes, en ravivant les fatras du et du , ceux là-mêmes qui, à l’issue des débats et des polémiques, conjuguent nécessairement un pouvoir partagé entre tous. Ici, pas de leader, de prêtres ou de représentants, seul le collectif a le dernier mot. Le seul, qui aujourd’hui, se fera entendre le jour de la révolution. Le seul légitime. Tout homme providentiel est mortel et tout système incorruptible est périssable. Combien n’ont pas tremblé devant les totems impériaux et les diktats financiers ? Combien ne l’ont pas payé le prix fort ? Combien de retentissants assassinats ont laissé alors des peuples orphelins ? Que sont devenus l’Haïti de Toussaint Louverture, le Mexique de Zapata, l’Ukraine de Makhno, le Congo de Lumumba, le Burkina de Sankara, la Libye de Khadafi ? Laisser aux autres le soin de nous émanciper c’est en contrepartie consentir aussi à leur système quand il nous aliène. L’avers et le revers de notre servitude volontaire. De nous-mêmes, sommes-nous en mesure de lutter contre les violences et les propagandes de nos tyrans autoproclamés démocrates ? A constater avec quelle fierté nous nous empressons de voter pour eux, il est évident que nous demeurons plus prompts à nous soumettre qu’à nous insurger !

Un pouvoir radicalement partagé comme remède

Malgré tout, à y regarder plus objectivement – c’est-à-dire par delà tout matraquage médiatique -, cela semble gronder de partout… Il suffirait que ces misères et ces colères se fédèrent pour que jaillisse l’étincelle allumant la mèche d’une nouvelle révolution. Une sans précédent, car sans modèle. Une révolution incarnée par tous ceux refusant les diktats oligarchiques en anéantissant enfin leur système corrompu. Ce système confondant démocratie et diktacratie, progrès et décadence, spéculation et crise, paix et guerre. Ce système ne sauvant en définitive que ceux s’y soumettant. Aussi, le jour où le prestige de nos maîtres-imposteurs s’effacera, il ne manquera qu’un soupçon de conviction et de témérité pour que la vindicte populaire s’orchestre d’elle-même, car enfin, l’intérêt sera le même pour tous : , jusqu’alors incarnée exclusivement dans les discours. Aussi performative prétend-t-elle être, la parole des gouvernants comme celles des prophètes, n’exprime que des mots et des idées ne garantissant jamais leur réalisation. Devons-nous continuer à  écouter ces palabres nous asservissant chaque jour davantage ? Au nom de quoi, devons-nous laisser à un seul, ou quelques-uns, le pouvoir de tous ? Qui, mieux qu’un collectif, reste en mesure de surmonter les écueils de son quotidien ? Seul ce collectif donc, dans sa capacité à décider unanimement, saura ce qui est le meilleur pour lui. Sans substitut et sans berger. Seuls des hommes directement concernés auront la compétence de formuler les remèdes à leurs maux politiques. L’égalité dans les prises de décision sera ainsi la clef de voute de leur émancipation. A l’exemple des communards et des soviets, se déterminant collégialement, et s’offrant ainsi une parenthèse de liberté…avant d’être anéantis par les velléités impérieuses d’une poignée de parvenus. Alors, même si nos feux de révolte s’intensifient dans nos ténèbres ploutocratiques, il n’en demeure pas moins qu’il reste un premier pas à franchir pour ne pas rater les premiers éclats de ces soulèvements : les élections départementales approchant, qu’attendons-nous pour déchirer notre carte d’électeur ? Car dès l’instant où nous voterons, nous nous abandonnerons au pouvoir de celles et ceux qui n’aspirent irrévocablement pas à en finir avec nos diktacraties.
Feed item Author: 
Cédric Bernelas

Quelques compagnons dissidents, aux idéaux malgré tout bien distincts, aiment à stigmatiser nos aspirations politiques originales en n’hésitant plus à railler notre « démocratite » aigüe. Une maladie émergeant en Grèce à l’ère de Périclès et trouvant son acmé quelques siècles plus tard, sur une terre d’anciens esclaves, dans les Russies oubliées." data-share-imageurl="" style="position:fixed;top:0px;right:0px;">

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