Baudelaire

En écho à Umberto

Pour être moins laide Je plaide Je fais des plaidoyers Pour une littérature détachée Sans tâches et sans attaches Je ne tiens pas à subordonner Le texte au contexte Ni l'inspiration à la respiration Le lien existe bel et bien, mais je n'y tiens pas C'est la raison pour laquelle je ne retiens que les textes qui tiennent Qui ont du maintien Qui refont l'histoire au lieu de renvoyer à l'histoire Qui ne relayent pas mais qui créent et recréent la vie au lieu de se contenter de la raconter... À dire vrai, la biographie ne peut absorber l'écriture

Pas de salut pour les Bisounours

Le Bisounours est celui qui croit savoir quel cheval va remporter la course. Il croit que le pouvoir est entre les mains de celui qui tient les cordons de la bourse. Il rêve en douceur et proteste quand on le traite de doux rêveur. Il n'est pas lucide... Il est stupide Il croit à la race pure... Et de ses impuretés il n'en a cure! Il croit à la grandeur de la Nation En ignorant qu'elle est issue de ses hallucinations. Il croit à un sens inné de la patrie Sans se souvenir qu'il ne s'agit que d'un parti pris. Le Bisounours n'est pas celui qui a les yeux fermés

Le pouvoir de l’ivresse

Quand on veut se délivrer d'une insupportable pression, on a besoin de haschisch... dit Nietzsche qui usait et abusait de Wagner pour s'envoyer en l'air. Eh bien ! Moi j'ai besoin de Nietzsche et de Baudelaire parce que j'estime que la sagesse importe moins que l'ivresse. Car, sans l'ivresse, nous confesse Nietzsche, il n'y a point de sagesse possible. Il faut donc sauver toutes les espèces d'ivresses... qui ont une puissance d'art, qui font de l'art en puissance. Avant tout, dit Nietzsche l'ivresse de l'excitation sexuelle, la forme la plus ancienne et la plus primitive de l'ivresse.

Trois photos du général

La politique ne m’intéresse que lorsqu’elle est située sur le terrain tragique et qu’elle met aux prises un individu, l’histoire et le destin. Autant dire que, né en 1959, je n’ai jamais eu l’occasion de me passionner pour les péripéties qui ont conduit au pouvoir un banquier matois, un inspecteur des finances arrogant, un avocat véreux et un énarque impulsif, tous complices de ceux qui ont installé l’histoire dans le registre hystérique et décérébré de la comédie de boulevard.