La Boétie

Héroïsme et propagande

De nouveau aujourd’hui, sortie d’une belle saloperie hollywoodienne ! Une asservissant d’autant mieux qu’elle alimente le fantasme d’une émancipation fruit d’un héroïsme difficilement envisageable aux communs des mortels. Les Avengers donc, pour la deuxième fois, tenteront de sauver les hommes des griffes du mal !

L’anarchie est morte, vive la démocratie !

L’anarchie, aujourd’hui, c’est un folklore. Se réclamer d’un monde sans ordre revient presque à promouvoir un chaos digne des pires barbaries de notre Histoire. Pour tout dire, tous ceux qui, depuis quelques décennies, se revendiquent comme anarchistes, s’accaparent outrancièrement une fierté et un prestige plus proches de la mystification que de la vertu. Ils sont les idiots utiles à toute réelle entreprise révolutionnaire.

Peut-on fuir le pouvoir ?

Il n’y a que deux moyens pour assujettir le peuple : le contraindre ou le tromper. La contrainte abuse toujours de sa violence. Elle franchit donc à terme la limite et finit par réveiller en nous des instincts de contestation capables de freiner l’efflorescence de son pouvoir. La duperie jouit de l’invisibilité de pouvoirs plus efficaces: ceux que le marché polit méthodiquement pour mieux prospérer.

Si on ne leur obéit pas…

Le monde n’est pas près de changer. Et cela convient parfaitement à nos bourgades repues de petits fonctionnaires vaniteux et de populace aliénée. Qu’on soit partisan du mérite ou prosélyte de justice, qu’on soit rebelle de papier ou réac médiatique, c’est toujours la même rengaine : on érige, pour nous représenter, des hommes qui n’ont, tout compte fait, qu’une seule ambition : accéder puis se maintenir au pouvoir.

Volonté générale ou servitude volontaire ?

Il devient préoccupant de constater à quel point aujourd’hui (surtout après la sortie de notre livre) l’opinion publique estime toujours la prise de décision à la majorité comme une spécificité foncièrement démocratique. Ainsi, il suffit qu’une grande partie de la population s’accorde sur une envie particulière pour que leur velléité devienne loi. Il n’y aurait qu’un pas entre le désir du plus grand nombre et la volonté générale. Un pas se révélant être celui de la dictature de la majorité.

Les appâts de la servitude

A l’heure où le salariat englobe une majorité de la population, il n’est plus question de concevoir une autorité par la force mais plutôt d’élaborer les outils les plus efficaces pour obtenir le meilleur consentement possible d’un peuple qui, s’il était uni et éclairé, pourrait renverser n’importe quel pouvoir. Il s’agit de forger les consciences de façon mécanique et inconsciente pour qu’elles s’en remettent aux puissants qui organiseront ainsi les désirs et la vie de chacun.

Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres.

Ils sont vraiment extraordinaires, les récits de la vaillance que la liberté met au coeur de ceux qui la défendent ! Mais ce qui arrive, partout et tous les jours : qu’un homme seul en opprime cent mille et les prive de leur liberté, qui pourrait le croire, s’il ne faisait que l’entendre et non le voir ? Et si cela n’arrivait que dans des pays étrangers, des terres lointaines et qu’on vînt nous le raconter, qui ne croirait ce récit purement inventé ?